
La colher de pau des finalistes, les fitas, la Queima das Fitas et le traje — de Tomar à Coimbra, tout ce qui fait la magie de la fin des études au Portugal.
Au Portugal, la fin des études ne se fête pas discrètement : elle a ses couleurs, ses rubans, ses chants nocturnes et un objet surprenant — une grande cuillère en bois ornée. Ce dossier remonte le fil d'une tradition bien vivante, avec un ancrage particulier à Tomar.
« À Tomar, les finalistes fêtaient leur diplôme avec une grande cuillère en bois décorée de rubans peints et brodés, offerts entre eux. » — le souvenir d'Humberto, fondateur d'OnBouge. C'est ce souvenir, vérifié depuis, qui a lancé ce dossier.
Dans certaines écoles, chaque finaliste reçoit une colher de pau (cuillère en bois) sur laquelle il fixe ses fitas. Décorée toute l'année — peinture, tissu, feutrine, rubans — souvent dans des ateliers spécialisés, elle devient un objet unique.
Les rubans ne s'achètent pas : ils sont offerts par les amis, les parents, les grands-parents, les oncles et cousins, personnalisés au nom du finaliste. La cuillère devient une lembrança — un souvenir de toute une vie. La tradition est très présente au Portugal, particulièrement à Tomar, et concerne les finalistes de tous niveaux.
À l'université, la même cuillère prend un autre sens. Symbole de la praxe gravé « DVRA PRAXIS SED PRAXIS » (« la praxe est dure, mais c'est la praxe »), elle est héritée des Tunas et rappelle l'étudiant médiéval pauvre qui mendiait sa soupe. Elle a remplacé la palmatória après la révolution du 5 octobre 1910 et reste portée par les Veteranos.
Au 19ᵉ siècle à Coimbra, les étudiants attachaient leurs pastas (chemises de cours) avec des rubans. Chaque couleur désigne une faculté (elle varie selon l'université) :
Née à Coimbra dans les années 1850, la Queima das Fitas est la plus grande fête étudiante du pays. On la retrouve à Coimbra (Praça da Canção, en mai), Porto (Queimódromo), Lisbonne, Covilhã ou Braga.
Le rituel : la Serenata Monumental qui ouvre la nuit (devant la Sé Velha à Coimbra, l'Avenida dos Aliados à Porto), la Bênção das Pastas (bénédiction), puis le Cortejo Académico, grand défilé qui en est le sommet. On y brûle en réalité le grelo, le ruban le plus fin — « la graine de la tradition ».
La capa e batina (cape et soutane noires) remonte au 17ᵉ siècle. La cartola (haut-de-forme) et la bengala (canne), insignes des finalistes, ont été introduites en 1932.
Ancienne Sellium romaine, cité des Templiers, Tomar a son Instituto Politécnico (IPT), sa Tuna Templária, les Cavaleiras de Sellium et son Batismo do Caloiro à la Praça da República. Un terreau idéal pour ces traditions — et le berceau de la cuillère de finaliste.
Sources : Atelier Arte e Lazer (Tomar), Queima das Fitas (visitportugal), insígnias de praxe, traje académico. Contenu vérifié — l'humain derrière chaque page.